2026

Sol et mur interactifs : comment fonctionnent-ils à l’école

Pavimento e parete interattivi: come funzionano a scuola

Un sol interactif est une projection au sol qui réagit aux pas et aux mouvements des enfants ; un mur interactif fait de même avec les gestes et le toucher. L’image « voit » qui bouge et répond par des couleurs, des sons et des animations, sans rien à porter.

À l’école, ils servent à apprendre en bougeant : compter en sautant, reconnaître des lettres en marchant, explorer un milieu naturel avec tout le corps. Dans ce guide, nous voyons comment ils fonctionnent, comment on les utilise en maternelle et en primaire, ce que dit la recherche et ce qui change pour les enfants et les enseignants.

Comment fonctionne un sol interactif ?

Du point de vue d’un enfant, c’est très simple : il entre, il marche et le sol répond. Sous ses pieds, l’eau se ride, une feuille s’envole, un nombre s’allume.

Derrière, il y a une idée simple. Une image projetée d’en haut, un système qui reconnaît où se trouvent les enfants et comment ils bougent, et un logiciel qui transforme ces mouvements en réponses visuelles et sonores. La technologie reste en hauteur, le sol reste libre.

Ce qui compte, à l’école, c’est que l’enseignant garde toujours le contrôle : il choisit l’activité, règle la difficulté, met en pause. Le projet de recherche MOVES, auquel travaille le groupe de recherche SENSEi, étudie précisément comment amener ces expériences au-delà des salles câblées de façon fixe, en laissant le contrôle aux enseignants.

Et le mur interactif ?

Le mur interactif utilise les mêmes principes, mais l’image est verticale. Les enfants interagissent par des gestes des bras, avec tout le corps ou en touchant la surface. Il se prête aux activités d’exploration, de narration, de choix entre plusieurs options et aux jeux de groupe devant un grand écran.

Contrairement à un TBI, le mur interactif ne demande pas à un seul enfant de s’approcher du tableau. Plusieurs enfants bougent ensemble et le système les reconnaît simultanément. Pour les différences entre les divers environnements, lisez salle immersive, salle Snoezelen®, sol interactif : les différences.

Sol ou mur : lequel choisir ?

Ce n’est pas un choix obligé. Beaucoup d’écoles commencent par une surface et ajoutent l’autre par la suite.

AspectSol interactifMur interactif
Interaction principalePas, sauts, position du corpsGestes des bras, toucher, corps entier
Âges les plus adaptésCrèche, maternelle, primaireMaternelle, primaire, secondaire
Points fortsMouvement, orientation dans l’espace, jeux de parcoursNarration, choix, contenus plus riches à observer
Points d’attentionSurface plane et non glissanteEspace libre devant le mur
Pour les personnes à mobilité réduiteDoit être conçu pour répondre aussi aux fauteuils roulants et aux petits mouvementsSouvent plus accessible, même en position assise

Quand le mur et le sol fonctionnent ensemble, la salle devient un véritable environnement immersif. C’est ce que nous décrivons dans le guide de la salle immersive.

Comment utilise-t-on le sol interactif à l’école maternelle ?

En maternelle, le sol interactif est souvent la surface la plus naturelle. Les jeunes enfants apprennent en marchant, en sautant, en roulant. Quelques exemples :

  • La mare. Sous les pieds apparaissent des rides et des poissons qui s’enfuient. Objectifs : cause et effet, attention.
  • Les couleurs de la prairie. L’éducatrice annonce une couleur et les enfants courent sur les bonnes fleurs. Objectifs : couleurs, écoute, règles.
  • Le sentier des animaux. Suivre les empreintes pour arriver à la tanière. Objectifs : orientation, coordination.
  • Les feuilles d’automne. Frapper les feuilles du pied et les voir s’envoler. Objectifs : mouvement libre, langage (« beaucoup », « peu », « près »).

Pour des idées de saison, consultez les activités pour le Carnaval et pour l’automne.

Et à l’école primaire ?

En primaire, le sol et le mur deviennent des outils pédagogiques au service des disciplines :

  • Mathématiques. Une droite numérique au sol sur laquelle se déplacer pour faire des additions et des soustractions.
  • Langue. Des lettres et des syllabes à atteindre pour composer des mots.
  • Sciences. Un écosystème sur le mur à explorer par les gestes.
  • Géographie et histoire. Des cartes à parcourir à pied, des scènes historiques dans lesquelles se déplacer.

À l’ICS Leonardo da Vinci de Cornaredo, les enseignants travaillent avec plus de 27 modèles d’activités dans lesquels le contenu change, mais pas la forme : le même jeu sert pour la langue, les mathématiques, les sciences ou la géographie. Vous trouverez d’autres idées dans l’article sur la salle multisensorielle à l’école primaire.

Que dit la recherche sur les sols et murs interactifs ?

La recherche dont est issu SENSEi étudie ces environnements depuis plus de dix ans, avec de vrais enfants et dans de vraies écoles, et compte plus de 40 publications scientifiques.

  • Apprendre avec le corps. L’étude Embodied Learning in Immersive Smart Spaces évalue, selon un protocole contrôlé, un espace dans lequel 48 enfants de 6 à 8 ans utilisent leur corps pour interagir avec des contenus sur les murs et le sol. Le groupe de recherche en souligne le potentiel éducatif par rapport aux méthodes traditionnelles.
  • Quelle interaction ? L’étude Interaction Modalities and Children’s Learning in Multisensory Environments implique 175 enfants de 6 à 10 ans et cinq façons d’interagir : les pieds, les mains, des cartes, une baguette et la voix. Les résultats montrent des différences entre les modalités et offrent des indications de conception : chaque modalité a ses avantages et ses limites.
  • Le sol qui se déplace. Le projet Ahù apporte des jeux coopératifs et compétitifs sur le sol des écoles grâce à une solution portable, pour favoriser l’engagement, la collaboration et l’apprentissage.

Le message pour l’école est clair : la valeur ne réside pas dans la projection en elle-même, mais dans la façon dont l’activité est conçue et guidée par l’enseignant.

Comment les utiliser en toute sécurité ?

Le sol et le mur interactifs invitent à bouger. C’est pourquoi la sécurité concerne surtout l’espace.

  • Une surface de sol plane, mate et non glissante.
  • Des chaussettes antidérapantes ou des chaussures d’intérieur, selon les règles de l’école.
  • Un espace libre devant le mur, pour éviter les chocs quand les enfants courent.
  • Aucun câble au sol : la technologie reste au plafond.
  • Des groupes de taille adaptée à l’espace, avec des tours si nécessaire.
  • Des animations sans clignotements rapides : selon l’Epilepsy Society, les lumières qui clignotent entre 3 et 30 fois par seconde peuvent poser problème aux personnes atteintes d’épilepsie photosensible.

Pour l’aménagement complet, lisez comment aménager une salle multisensorielle.

Comment le sol et le mur s’intègrent-ils dans un environnement SENSEi ?

Dans un environnement SENSEi, le sol et le mur ne sont pas deux jeux séparés. Ce sont les parties d’une seule salle magique, dans laquelle les lumières, les sons, les parfums, les bulles et les objets physiques suivent aussi la même histoire.

La salle reconnaît les gestes, le mouvement, le toucher et la voix de plusieurs personnes à la fois, sans rien à porter. L’enseignant ou le thérapeute guide l’expérience depuis une tablette et, à la fin, consulte des rapports qui aident à comprendre ce qui s’est passé. Les activités se créent avec Eureka et peuvent utiliser des contenus comme WordWall, YouTube ou les pictogrammes ARASAAC.

L’impact se voit surtout sur l’accessibilité. À Cava de’ Tirreni, dans la salle de La Nostra Famiglia, le mur répond au corps entier et même un enfant en fauteuil roulant joue avec les autres. Ce sont justement les éducateurs qui demandent d’étendre l’interaction au sol, pour enrichir les activités motrices.

Pour une vue d’ensemble, revenez au guide que mettre dans une salle multisensorielle. Pour les configurations, consultez La salle magique et la page SENSEi pour l’école.

Dans la salle SENSEi

Mur interactif

Dans une salle SENSEi, le mur n’est pas un simple écran : il est relié au sol, aux lumières et aux dispositifs sensoriels. Le même décor se prolonge du mur au sol et change avec les sons et les couleurs de la salle, ainsi le corps entier entre dans l’expérience.

  • Aquarium à caresser : les poissons s’approchent de celui qui bouge la main doucement et s’enfuient aux mouvements brusques : une façon concrète d’exercer la régulation du geste.
  • Cause et effet : chaque toucher produit un son et une couleur différents : c’est la première activité pour ceux qui découvrent que leurs actions changent le monde.
  • Memory et associations : des cartes géantes à retourner avec la main, avec des images choisies par l’enseignant ou le thérapeute.
  • Lettres et nombres à attraper : pour l’école primaire, des jeux de reconnaissance dans lesquels on répond en touchant la bonne réponse.
  • Dessin avec les doigts : des couleurs et des traces qui restent sur le mur, à effacer d’un ample geste du bras.
  • Histoires à embranchements : la classe choisit la suite du récit en touchant l’un des personnages.

Sol interactif

Dans la salle SENSEi, le sol prolonge la scène du mur et transforme l’espace en un environnement unique. C’est le dispositif qui invite le plus au mouvement, y compris pour ceux qui se déplacent en fauteuil roulant : les parcours se traversent avec les roues comme avec les pieds.

  • Feuilles d’automne : on frappe les feuilles du pied, on les ramasse, puis on les compte par couleur.
  • La rivière et les pierres : on saute d’une pierre à l’autre sans tomber dans l’eau : équilibre, planification motrice, tours de rôle.
  • Marelle et parcours : des jeux de saut et de coordination pour la motricité globale.
  • Poursuivre la lumière : une tache de lumière se déplace et l’enfant la suit : attention conjointe et orientation dans l’espace.
  • Parcours en fauteuil roulant : des routes, des ponts et des rivières à traverser avec les roues, pensés pour les personnes en situation de handicap moteur.
  • Cartes à explorer : la classe marche sur la carte et découvre des lieux, des fleuves et des villes.

Découvrez tous les outils dans le guide des outils de la salle SENSEi.

Questions fréquentes

Le sol interactif fonctionne-t-il avec beaucoup d’enfants à la fois ?

Oui, si le système reconnaît plusieurs personnes simultanément, comme c’est le cas avec SENSEi. Le nombre adapté dépend de l’espace et de l’activité.

Faut-il un sol spécial ?

Non, mais il doit être clair, plan, mat et non glissant. Les tapis moelleux doivent rester dans la zone calme.

Un enfant en fauteuil roulant peut-il utiliser le sol interactif ?

Oui, si les activités sont conçues pour répondre aussi aux fauteuils roulants et aux petits mouvements. Le mur est souvent plus accessible.

Sol interactif et TBI, est-ce la même chose ?

Non. Le TBI est pensé pour un enfant à la fois devant le tableau. Le sol et le mur interactifs impliquent le corps entier et plusieurs enfants ensemble.

Combien coûte un sol interactif ?

Cela dépend de la configuration et de l’espace. Contactez-nous pour une proposition sur mesure.

Vous voulez voir des enfants interagir avec les projections en vrai ? Réservez une démo d’un environnement SENSEi.

Sources

Snoezelen® est une marque déposée de ses titulaires respectifs.

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